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Le blog de la paroisse de Livarot

Articles avec #lecture du dimanche

Lecture et Commentaire du dimanche 18 décembre 2016

16 Décembre 2016, 15:32pm

Publié par Myriam

4ème dimanche de l'Avent A - 18 décembre 2016

Messe à 10h église de Livarot

1ère lecture : Isaïe 7, 10-16

En ces jours-là, le Seigneur parla ainsi au roi Acaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. » Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. » Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel il se nourrira, jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, la terre dont les deux rois te font trembler sera laissée à l’abandon. »

Commentaire :

Nous sommes en 735 avant J.-C. La menace assyrienne se fait toujours plus pressante. Les rois de Samarie et de Damas veulent entraîner le roi de Juda dans une coalition anti assyrienne. Comme le roi de Jérusalem, Acaz, refuse, les coalisés veulent le contraindre par la force. Acaz est désespéré. C’est alors qu’intervient le prophète Isaïe. Il lui rappelle la promesse faite à David : « J’élèverai ta descendance après toi… et j’établirai fermement sa royauté. » Le prophète rappelle alors l’annonce qui a été faite il y a peu de temps de la naissance d’un héritier, Ézéchias : « Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel. » Il annonce ensuite que la terre des deux rois qui font trembler Acaz sera prise par les assyriens avant qu’Ézéchias n’atteigne l’âge de raison. C’est bien le signe que Dieu n’a pas oublié sa promesse.

Les traducteurs grecs de la Bible, à Alexandrie, ont traduit « jeune femme » par « vierge ». C’est pourquoi dans l’évangile selon saint Matthieu la citation d’Isaïe comporte le titre de vierge et donne à comprendre que la promesse faite par Isaïe s’accomplit pleinement avec la naissance de Jésus. Lui seul, en effet, est vraiment Emmanuel, « Dieu avec nous. »

2ème lecture : Rm 1/1-7

Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome. Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures, concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés. À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

Commentaire :

Cette ouverture grandiose de la lettre aux Romains met au centre la révélation de Jésus :

Dans son humanité (selon la chair), il est fils de David. Selon l’Esprit (ce qui a été révélé par l’Esprit), sa résurrection le manifeste comme Fils de Dieu. Il n’y a pas ici de trace d’adoptianisme, c'est-à-dire que Jésus n’est pas devenu Fils par la résurrection. C’est aux yeux des hommes qu’il a été établi par sa résurrection comme Fils. C’est en fonction de cette double révélation selon la chair et selon l’Esprit qu’on peut désormais donner à Jésus les titres de Christ (Fils de David) et de Seigneur (Fils de Dieu).

Evangile : Mt 1,18-24

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Commentaire :

« Voici quelle l’origine de Jésus Christ » rappelle « Voici quelle fut l’origine du ciel et de la terre » (Gn 2,4). Avec la naissance de Jésus, c’est un recommencement du monde, une nouvelle création. À l’origine, l’homme fut créé à l’image de Dieu. En Jésus, Dieu prend visage d’homme. C’est vraiment l’Emmanuel « Dieu avec nous».

Joseph étant « juste », c’est-à-dire pleinement accordé à la volonté de Dieu, décide de répudier en secret Marie qui attend la naissance du Sauveur : il manifeste ainsi qu’il a conscience de ne pas avoir sa place dans le projet de Dieu. L’Ange du Seigneur le détrompe : il a bien une mission, celle de donner à l’enfant à naître le nom de Jésus qui est tout un programme : « Le Seigneur sauve ».

À travers ce récit, Matthieu affirme la conviction des premiers chrétiens : la conception virginale est le signe que Jésus n’a pas été adopté par Dieu après sa mort ; dès sa naissance, il est bien le Fils de Dieu s’incarnant dans le monde, l’Emmanuel.

François Brossier

 

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LECTURE ET COMMENTAIRE DU DIMANCHE 11 DECEMBRE 2016

5 Décembre 2016, 07:12am

Publié par Myriam

3ème dimanche de l'Avent A - 11 décembre 2016

Messe Eglise en Famille 10 h Livarot

 

1ère lecture : Is 35/1-6a.10

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Commentaire :

Ce passage du livre d’Isaïe a été rédigé à l’époque du retour d’Exil à Babylone. Le désert qui se couvre de fleurs, c’est le désert de Syrie qu’il faut traverser pour rentrer à Jérusalem. Ce désert de tristesse et de soif lors de l’Exil se change en désert fleuri lors du retour car Dieu ne peut pas laisser son peuple dans la détresse : il est bien le Sauveur comme il l’a été lors de la sortie d’Égypte.

Pour les chrétiens, c’est Jésus qui accomplira pleinement cette promesse : Avec lui, « s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. »

2ème lecture : Jc 5/7-10

Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive. Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche. Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

Commentaire :

La lettre de Jacques est écrite dans un contexte où le retard de la parousie pose problème à la communauté chrétienne. Dans ce contexte, la patience et la persévérance sont les vertus à cultiver. Les prophètes ont attendu avec patience la réalisation des promesses qu’ils adressaient au nom de Dieu. Qu’ils servent de référence pour les chrétiens. La venue de Jésus donne l’assurance que Dieu tient ses promesses.

Evangile : Mt11/2-11

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Commentaire :

On comprend le doute de Jean-Baptiste : il avait annoncé (C’était l’évangile de dimanche dernier) que « celui qui devait venir » allait faire le ménage, comme le moissonneur qui, avec sa pelle à vanner, sépare le bon grain de l’ivraie.

Or, Jésus ne fait pas le ménage, ses actes ne correspondent pas à ce qu’attendait le Baptiste. D’où la question de ce dernier : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

C’est vrai : Jésus ne fait pas le tri, ne condamne pas. Il rend la joie, la vue, la dignité à tout homme qui le rencontre et croit en lui. C’est ce qu’annonçait le prophète Isaïe : « Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie ».

Le message de Jean Baptiste avait le mérite de réveiller ses auditeurs. Mais la venue de Jésus est d’abord une Bonne nouvelle qui plonge ceux qui l’accueillent dans une grande joie. C’est cette joie que nous célébrons en ce dimanche que l’on appelait autrefois du mot qui commençait le chant d’ouverture latin tiré de la lettre de Paul aux Philippiens : « Gaudete. » Soyez toujours dans la joie du Seigneur… Le Seigneur est proche. » Ep 4,4-5.

Jean Baptiste a pu faire erreur sur le type de messie que serait Jésus. Il n’en reste pas moins le prophète qui a annoncé la venue de Jésus. À ce titre, il est le plus grand parmi les hommes. Mais le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui non pas à cause de ses mérites mais parce que, grâce au Christ, il est devenu enfant de Dieu.

François Brossier


 

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LECTURE ET COMMENTAIRE DU DIMANCHE 4 DECEMBRE 2016

29 Novembre 2016, 03:44am

Publié par Myriam

LECTURE ET COMMENTAIRE DU DIMANCHE 4 DECEMBRE 2016

2ème dimanche de l'Avent A - 4 décembre 2016

Messe à 10 h Livarot

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1ère lecture : Is 11/1-10

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

 

Commentaire :

Le prophète Isaïe a été très déçu par les descendants de David (Achaz, Ézéchias) qui ont multiplié les alliances hasardeuses avec l’Égypte contre l’Assyrie. Le prophète espère donc la venue d’un nouveau David non pas dans les descendants mais en revenant à Jessé, père de David (le rejeton jailli de ses racines), c’est-à-dire en revenant aux origines de la royauté. Le prophète croit en effet à la fidélité de Dieu à ses promesses mais il laisse entendre que celles-ci peuvent se réaliser autrement que par la succession dynastique. Ce nouveau roi instaurera un règne paradisiaque.

Pour les chrétiens, l’accomplissement de ces promesses s’est réalisé avec Jésus, Fils de David.

 

2ème Lecture : Rm 15/4-9

Frères, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c'est en raison de sa miséricorde qu'elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom.

 

Commentaire :

La grande nouveauté révélée par Jésus Christ, c’est que l’amour de Dieu n’est pas réservé au peuple de la Première Alliance. Certes, celui-ci a reçu les promesses dont témoignent les Écritures, mais lors de l’accomplissement de ces promesses en Jésus Christ, les païens ont été associés au salut, fruit de sa mort et de sa résurrection. C’est pourquoi désormais tous, d’un même cœur, d’une même voix, peuvent rendre gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.

Les communautés chrétiennes sont donc invitées à garder l’unité dans leur diversité selon l’Esprit du Christ Jésus.

 

Evangile : Mt 3/1-12

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 

Commentaire :

Un des thèmes majeurs du temps de l’Avent, c’est le réveil : « Berger de Dieu, réveille-nous, voici le temps de ta promesse ». S’il y a bien un passage d’évangile fait pour nous réveiller, c’est bien l’évangile de ce dimanche. Jésus y est présenté comme un bûcheron qui abat l’arbre qui ne porte pas de fruit ; ou encore comme le moissonneur qui jette au feu la paille.

L’appel de Jean-Baptiste vient résonner encore aujourd’hui aux oreilles des croyants : « Convertissez-vous ! ». Les pharisiens et les sadducéens croyaient que leur titre de fils d’Abraham suffisait pour être sauvés ; peut-on croire qu’il suffit de se dire chrétien pour être sauvé. Cet évangile rappelle qu’il n’y a pas de mot de passe, pas de sauf-conduit, pas de mot magique. Ce sera le refrain permanent de l’évangile de Matthieu : seul celui qui met ses actes en accord avec ses paroles sera jugé digne d’être accueilli dans le royaume du Père.

Mais il n’est pas question non plus de s’enfermer dans un sentiment de culpabilité. Le Christ vient au devant des hommes. Certes, personne n’est digne de lui retirer ses sandales, c’est-à-dire de faire ce que faisait un esclave. Mais le baptême dans l’Esprit-Saint et dans le feu donne la force de marcher à sa suite.

François Brossier

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Le temps de L'Avent

23 Novembre 2016, 13:36pm

Publié par Myriam

Le temps de L'Avent

    Le temps de l’Avent qui commence nous appelle à l’attente,

                        Le temps de L'Avent                                   à une disponibilité de fond. Notre être doit renouveler par Jésus.

   nous attendons une humanité nouvelle. Nous voulons être attentifs

    À l’Esprit Saint dans cette nouvelle année liturgique qui commence.

 « L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé. » L’être humain est capable de disponibilité, son cœur le rend attentif à tout, à rien, au silence. Sans une grande attention, le changement dans l’être aimé n’est pas perçu. Dans le respect, cette attention fait surgir l’autre à l’instant présent. L’Avent, c’est d’abord une attitude d’écoute et d’attente. C’est contempler la flamme vacillante de la bougie dans le noir. C’est réaliser que ce que nous attendons prenne forme et visage. Il y a quelques jours, nous acclamions Jésus, le Roi de l’univers, ce roi d’amour qui vient tout transformer. Dans quelques semaines, nous accueillerons ce même roi d’amour comme un tout petit enfant. Nous sommes un « Peuple qui marche dans la longue nuit, » nous situant humblement, devant Dieu. C’est la longue nuit de l’humanité, la longue nuit des peuples où Jésus n’est pas connu.

 

Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Aujourd’hui, à nos portes, Jésus n’est plus connu. De l’extérieur, rien ne semble distinguer ces deux hommes et ces deux femmes de l’Evangile. Il nous faut prendre en compte de manière intime l’intérieur de la personne. « Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. » Par Marie, la terre s’ouvre au premier cœur à cœur avec Dieu. Le Sauveur germe dans l’humanité. C’est le mystère que nous célébrons à Noël. Dieu, comme un amour, vient tout renouveler sur notre terre. Il vient prendre corps pour que nous revêtions la divinité. Cet amour de Dieu vient saisir notre cœur et le fait battre au rythme du cœur de Dieu. Nous attendons ce renouvellement fondamental de notre vie au plus secret de notre existence. D’année en année, notre foi se renouvelle, notre charité s’intensifie, et notre espérance grandit. Nous voulons être plus vigilants. Nous sommes plus conscients du trésor de notre foi et nous voulons entraîner le monde à la suite de Jésus.

 

"Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra." L’allusion au déluge et l’évocation du voleur peut nous faire craindre la réalité du Royaume de Dieu. Nous, nous sommes au rythme du monde, de notre pays, attentifs à nos frères qui ne croient plus en Dieu. Thérèse de Lisieux disait dans un moment illuminé de sa vie : « J’avais cru que la foi était si évidente pour tous ! » Mais l’épreuve va là transformer : « Je sais qu’il y a des gens qui ne croient pas. » Jésus vient chaque jour dans l’humanité, comme il est venu il y a deux mille ans. Il est caché dans les pauvres. Combien de peuples dans l’angoisse aujourd’hui. Combien de frères et de sœurs dont la vie est prolongée sont dans l’agonie, ils attendent le soir, pour se réveiller ailleurs. Or c’est dans cette humanité que l’amour se donne, que nous préparons la venue de Jésus et son retour : « Viens, Seigneur Jésus ! Viens. » Il me faut être attentif au présent, à tous les événements de notre quotidien. Jésus vient, il est là. Il est le chemin de ceux qui espèrent une humanité nouvelle. Notre marche vers Noël, c’est la marche vers l’humanité nouvelle symbolisée par l’Enfant Jésus, soyons prêts.

Nous prions pour que se réveille en nous la puissance de l’Amour infini de Dieu."

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Dimanche 22 mars 5ème dimanche de carême

21 Mars 2015, 11:15am

Publié par Myriam

5ème dimanche de mars messe à 10h Livarot

messe d'accueil de trois enfants qui sont en chemin vers le baptême

carême B - 22 mars 2015

1ère lecture : Jr 31, 31-34
Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je conclurai avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda une Alliance nouvelle. Ce ne sera pas comme l'Alliance que j'ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir d'Égypte : mon Alliance, c'est eux qui l'ont rompue, alors que moi, j'avais des droits sur eux. Mais voici quelle sera l'Alliance que je conclurai avec la maison d'Israël quand ces jours-là seront passés, déclare le Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d'eux-mêmes ; je l'inscrirai dans leur coeur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Ils n'auront plus besoin d'instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu'aux plus grands, déclare le Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.
 

Commentaire
Le livre de Jérémie est surtout constitué d’avertissements véhéments pour le roi, ses conseillers, les prêtres qui, après la première prise de Jérusalem par le roi de Babylone (en 597 avant J.C.) continuent une vie d’infidélités vis-à-vis du Seigneur, Dieu d’Israël. Jérémie annonce qu’au lieu de voir revenir rapidement les premiers déportés, les habitants de Jérusalem connaîtront une nouvelle déportation. C’est ce qui est arrivé en 587. Cependant le message de Jérémie n’est pas désespéré : il est sûr de la fidélité à ses promesses. C’est pourquoi dans ce passage célèbre, il annonce que Dieu va faire une nouvelle alliance avec son peuple. Celle-ci ne sera plus inscrite sur des tables de pierre mais dans le cœur de chacun. 
Pour les chrétiens, le don de l’Esprit saint réalise cette nouvelle alliance : c’est l’Esprit qu’ils ont reçu qui les fait vivre en accord avec Dieu.

 

2ème lecture He 5, 7-9
Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé.
Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Commentaire
L’obéissance dont il est question ici évoque bien sûr le cri de Jésus à son Père à Gethsémani : « Père, si tu veux écarter de moi cette coupe… Pourtant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise! » Mais attention : la volonté de Dieu n’est pas de voir souffrir et mourir son fils ; la volonté de Dieu, c’est le salut des hommes par son Fils, non grâce à un acte de puissance mais en allant jusqu’au bout de l’amour-don.
 

Évangile : Jn 12,20-33
Parmi les Grecs qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu durant la Pâque, quelques-uns abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée. Ils lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus. » Philippe va le dire à André ; et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. Maintenant je suis bouleversé. Que puis-je dire ? Dirai-je : Père, délivre-moi de cette heure ? — Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre ; d’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé. » Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi que cette voix s’est fait entendre, c’est pour vous. Voici maintenant que ce monde est jugé ; voici maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

Commentaire
Dans l’évangile de Jean, nous approchons de la semaine de la Passion. Jésus est entré solennellement à Jérusalem (ce que nous fêtons aux Rameaux). À la suite de cette entrée triomphale, les pharisiens sont choqués : « Voilà que tout le monde se met à sa suite ! » « Tout le monde… », l’évangéliste en voit l’illustration dans le passage que nous lisons en ce dimanche : Voici des grecs (sans doute des sympathisants du judaïsme venus en pèlerinage à Jérusalem), qui cherchent à voir Jésus. Ils s’adressent à deux disciples qui portent des noms grecs. Notons que ce sera bien l’expérience de tous les croyants après la résurrection : on ne rencontre Jésus Christ que par des témoins. Aucun ne peut devenir croyant par lui-même mais par la rencontre d’autres chrétiens eux-mêmes attachés au témoignage des apôtres.
On s’attend à la rencontre de ces grecs avec Jésus mais celui-ci se contente d’annoncer sa passion et sa résurrection grâce à la parabole du blé qui meurt dans la terre pour porter du fruit. Pour tous les êtres humains, la rencontre avec Jésus ne peut être que la rencontre avec le crucifié et le ressuscité. Rencontrer Jésus en vérité conduit à le suivre en perdant sa vie comme Jésus pour vivre avec lui : « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur. » 
La suite du texte montre bien que nous sommes dans le climat de la Passion. Les paroles de Jésus sont les mêmes qu’à Gethsémani : « Mon âme est troublée… Père, sauve-moi de cette heure. » Mais la mort de Jésus ne se comprend qu’à la lumière de la résurrection, c’est pourquoi la glorification de Jésus est évoquée aussitôt.
Les grecs ne sont pas oubliés : Jésus élevé sur la croix, c’est Jésus élevé dans la gloire de son Père qui attirera tous les hommes à lui. « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »

François Brossier

 

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Lecture du dimanche 15 mars

13 Mars 2015, 18:09pm

Publié par Myriam

Dimanche 15 mars Messe à 10h Livarot

11h30 à St Julien le Faucon

6e dimanche B - 15 février 2015

1ère lecture Lv 13/ 1-2.45-46
Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre, on l'amènera au prêtre Aaron ou à l'un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint de cette plaie portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu'aux lèvres, et il criera : 'Impur ! Impur !' Tant qu'il gardera cette plaie, il sera impur. C'est pourquoi il habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp. »

Commentaire
Ce passage du livre du Lévitique date de la période du retour de l’Exil. Le souci de pureté rituelle pour participer au culte a conduit à exclure de la communauté toute personne qui présentait des risques de contamination. En passant outre à cette loi, Jésus montera qu’il est venu accueillir et sauver tous les hommes sans exceptions.
François Brossier
2ème lecture : 1 Co 10, 31-33 ; 11, 1
Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou n’importe quoi d’autre, faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l’Église de Dieu. Faites comme moi : en toutes circonstances je tâche de m’adapter à tout le monde ; je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. Prenez-moi pour modèle ; mon modèle à moi, c’est le Christ.
Commentaire
En 1 Co 10,23-24 Paul dit : « Tout est en notre pouvoir », dit-on, mais tout n’est pas valable. Tout est en notre pouvoir, certes, mais tout n’est pas constructif. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui. » On pourrait traduire aussi : « Tout est permis, mais tout ne convient pas. »
Paul prend comme exemple la nourriture offerte aux idoles et qui était en vente au marché. On peut manger cette nourriture puisque les idoles n’existent pas mais si celui qui en offre croit que le chrétien va ainsi communier aux idoles, il faut s’abstenir de façon à ne pas devenir un obstacle. Ne pas chercher son intérêt personnel, c’est accepter de ne pas faire ce qui est en mon pouvoir s’il blesse ou choque ceux qui me voient vivre. Je suis libre de tout sauf de manquer à la charité.


Evangile : Mc 1/40-45
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : «Si tu le veux, tu peux me purifier.» Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit: «Je le veux, sois purifié.» A l’instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. 
Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : «Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et répandre la nouvelle, de sorte qu’il n’était plus possible à Jésus d’entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d’éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.
Commentaires
Apparemment, il s’agit seulement d’un récit de guérison. En fait l’évangéliste s’attache surtout à montrer ce que Jésus est venu apporter à l’humanité paralysée par la lèpre du péché. La lèpre a en effet un fort pouvoir symbolique puisque cette maladie conduisait à l’exclusion de la société. Le récit a donc beaucoup de caractéristiques des exorcismes. Certains manuscrits écrivent « irrité » à la place de « pris de pitié ». Jésus n’est pas irrité par le malade mais bien par l’esprit du mal qui asservit l’homme comme la lèpre le détruit. C’est pourquoi Jésus parle de purification et chasse (ou renvoie) non pas le malade guéri mais le mal qui est en lui. Jésus impose toujours le silence aux esprits mauvais ; c’est le cas dans notre texte. L’ordre de silence n’étant pas exécuté, Jésus ne peut plus entrer ouvertement dans une ville. Autrement dit, lui qui a touché le lépreux, se trouve dans la même situation d’exclu. Mais c’est alors qu’on vient à lui de toute part. Comment ne pas y voir l’anticipation de la Passion ? Jésus, cloué sur une croix d’esclave en dehors de la ville, attirera à lui toute l’humanité pour lui faire partager sa propre vie.
François Brossier
 

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Lecture du dimanche 8 février 2015

1 Mars 2015, 19:28pm

Publié par Myriam

Lecture du dimanche 8 février 2015
Lecture du dimanche 8 février 2015

                                  Dimanche 8 février 2015 Messe à 10h Livarot

            Lecture du dimanche 8 février 2015        3ème dimanche de carême B - 8 mars 2015

                                                       1ère lecture : Livre de l'Exode (Ex 20, 1-17)
Sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. Tu n'auras pas d'autres dieux que moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces images, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu'à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m'aiment et observent mes commandements, je leur garde ma fidélité jusqu'à la millième génération. 
Tu n'invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque son nom pour le mal.
Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l'honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l'immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour. C'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a consacré. 
Honore ton père et ta mère, afin d'avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
Tu ne commettras pas de meurtre.
Tu ne commettras pas d'adultère.
Tu ne commettras pas de vol.
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. » 
 

Commentaire
Au cœur du récit de l’Exode a été intégré ce passage célèbre appelé habituellement : « Les dix commandements. » Si les développements des versets 4-6 (le monothéisme) et des versets 9-11 (le sabbat) ont certainement pour origine la période de l’Exil, l’ensemble est manifestement très ancien. 
Le chiffre 10 est conventionnel et sans doute en rapport avec les 10 doigts des deux mains. On parle habituellement de deux tables : une table pour Dieu et son culte et une table pour les rapports avec le prochain. 
Notons bien que, dans la tradition juive, le verset 2 est considéré comme le premier « commandement » : Dieu peut exiger de son peuple le respect de ses ordres car il est « celui qui l’a fait sortir du pays d’Égypte. » L’action de Dieu pour son peuple est première.
Notons aussi que le commandement « Honore ton père et ta mère » se trouve curieusement dans la première table. Ceci est un cas unique dans la littérature du Proche-Orient ancien. L’honneur dû aux parents ne vient pas d’abord de ce qu’ils ont transmis la vie mais de ce qu’ils ont transmis la tradition de foi d’Israël.
La 2ème table commence avec l’interdit de tuer. Les interdits de la 2ème table sont destinés à protéger les droits fondamentaux de l’être humain. Ils se retrouvent dans beaucoup de préceptes de sagesse de la littérature extrabiblique. Ils témoignent d’une morale fort ancienne commune aux peuples de l’antiquité orientale.
Ce qui fait l’originalité du Décalogue, outre le verset 2, c’est l’articulation des deux tables. L’amour du prochain ne peut être détaché de l’amour de Dieu. Celui qui s’éloigne du culte comme lieu et moment de la reconnaissance du Dieu d’Israël risque fort de s’éloigner du prochain.

 

2ème lecture : Sagesse du monde et folie de la croix (1 Co 1, 22-25)
Frères,
alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme.

Commentaire
Nous sommes ici au cœur de la foi professée par Paul. Ce fut sa grande découverte sur le chemin de Damas. Celui qu’il croyait maudit par Dieu à cause de sa mort sur la croix est en fait le révélateur parfait de Dieu dans son dessein. La croix est bien le révélateur de l’amour indéfectible de Dieu.
Les Juifs réclament des miracles spectaculaires pour reconnaître le Messie ; les Grecs recherchent une sagesse humaine satisfaisante pour l’intelligence. Paul prêche un Messie crucifié. Pour les Juifs, accoler le titre de Messie à celui de crucifié est profondément scandaleux. Pour les païens, mettre sa foi dans un crucifié, c’est une folie.
Mais, nous dit Paul, c’est dans Jésus donnant sa vie sur la croix que Dieu révèle sa puissance et sa sagesse
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Lecture du dimanche 8 février 2015

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2,13-25
Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d'ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l'Écriture : L'amour de ta maison fera mon tourment. Les Juifs l'interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps. Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu'il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en lui, à la vue des signes qu'il accomplissait. Mais Jésus n'avait pas confiance en eux, parce qu'il les connaissait tous et n'avait besoin d'aucun témoignage sur l'homme : il connaissait par lui-même ce qu'il y a dans l'homme.

Commentaire :
Le Temple désigne l’ensemble de la construction avec ses parvis et ses portiques (C’est là que se situaient les vendeurs d’animaux et les changeurs). Le sanctuaire désigne l’espace le plus sacré avec les autels et le saint des saints. Cette distinction est mal rendue dans la traduction liturgique qui traduit de la même façon le « hierôn » (le Temple) et le « naos » (le sanctuaire).
Si Jésus chasse les vendeurs du Temple, ce n’est pas pour rendre au Temple son caractère sacré mais bien pour dire que les sacrifices d’animaux sensés obliger Dieu à répondre favorablement aux requêtes des offrants sont désormais inutiles. D’une part, on ne fait pas du troc avec Dieu, d’autre part, l’offrande que Jésus fait de sa vie est le véritable sacrifice total et définitif.
Lorsque Jésus répond aux Juifs, il ne se place pas sur le même terrain que ses contradicteurs. Jésus dit : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai. » Les juifs comprennent : « Détruisez le Temple » dont les parvis et les portiques ont été construits par Hérode en 46 ans. Jésus, lui, parle du sanctuaire, c'est-à-dire le lieu de la présence de Dieu qui peut être détruit mais relevé en trois jours. Il est clair que c’est Jésus, présence de Dieu en ce monde qui peut être détruit et relevé en trois jours ; ce que souligne bien l’évangéliste : « Il parlait du sanctuaire de son corps. » L’allusion à la passion et à la résurrection est donc nette.
Pour les chrétiens, après Pâques, c’est Jésus qui est, dans son corps même, le lieu de la présence de Dieu et qui rend caduques les sacrifices sanglants de l’ancienne Alliance.

François Brossier

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Lecture du Dimanche 1er mars 2015

26 Février 2015, 07:40am

Publié par Myriam

Lecture du Dimanche 1er mars 2015
Lecture du Dimanche 1er mars 2015

2ème dimanche de carême B - 1er mars 2015

Dimanche 1er mars Messe : 10h Livarot 11h30 Fervaques 2ème dimanche de Carême 

                                                                                    

                                       Livre de la Genèse Gn 22, 1-2.9a.10-13.15-18
Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. » Quand ils arrivèrent à l'endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique. » Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils. Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »

Commentaire
Il est fort regrettable que le récit ne soit pas complet. Il manque en particulier les versets 7-8 qui exprime la foi d’Abraham (Isaac parla à son père Abraham : « Mon père, » dit-il, et Abraham répondit : « Me voici, mon fils. » Il reprit : « Voici le feu et les bûches ; où est l’agneau pour l’holocauste ? » Abraham répondit: "Dieu saura voir l’agneau pour l’holocauste, mon fils.)
On est souvent choqué que Dieu puisse demander un tel sacrifice. Mais notons bien qu’il s’agit d’une mise à l’épreuve d’Abraham et non d’un désir de Dieu de se faire offrir des sacrifices humains. C’est ce que rappelle Dieu par l’intermédiaire de Jérémie (Jr 19,5) : cela, je ne l’ai pas prescrit, je n’en ai pas parlé, je n’en ai jamais eu l’idée. Abraham avait dit : « Dieu saura voir. » Dieu en effet a vu la foi d’Abraham et envoie son ange pour arrêter le geste du patriarche. Cet épisode rappelle aussi qu’Abraham n’est pas propriétaire du fils de la promesse.
Les Pères de l’Église verront dans cet épisode la préfiguration du sacrifice de Jésus. C’est pourquoi on trouve très souvent cette scène illustrée dans les vitraux et sculptures du Moyen âge pour évoquer la rédemption acquise par Jésus.

2ème lecture : Le sacrifice du Fils (Rm 8, 31-34)
Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? puisque c’est Dieu qui justifie. Qui pourra condamner ? puisque Jésus Christ est mort ; plus encore : il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.

Commentaire
Ce passage est le début d’un hymne à l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. Le verset 32 « Il n’a pas refusé son propre Fils » fait allusion au récit du sacrifice d’Isaac lu en première lecture. Cette fois, il ne s’agit plus d’une simple épreuve. Jésus s’est offert lui-même en sacrifice par fidélité à la mission que lui a confiée son Père. Jésus ressuscité est plus qu’un avocat, il est notre sauveur. « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. » (Rm 8,39).

                                                              Evangile : Mc 9,2-10
Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ».

Commentaire
Quelqu’un me disait l’autre jour : Jésus est très fort. Il a montré à ses disciples, avant la résurrection, qu’il était capable de se dématérialiser pour passer à travers les murs. Pour lui, c’était ce qu’il fallait retenir du récit de la Transfiguration !
Une telle façon de lire méconnaît totalement deux réalités :
1) La façon dont Jésus a vécu avant Pâques. Le récit des tentations nous apprend que Jésus a toujours fui ce qui le ferait passer pour un magicien, un superman.
2) L’enracinement culturel des évangiles. Parler de la montagne, de Moïse et d’Élie, de tentes et de couleur blanche, tout cela est plein de sens pour qui connaît l’A.T. Jésus nous est présenté comme celui qui vient accomplir, porter à sa perfection l’alliance du Sinaï quand Moïse était sur la montagne. Élie le prophète avait fait le pèlerinage à la montagne de Dieu. À l’époque de Jésus, beaucoup de juifs attendaient le nouveau Sinaï, le Sinaï des derniers temps lorsque Dieu viendrait instaurer définitivement son règne sur la terre. Le récit de la Transfiguration nous apprend que Jésus est le Messie des derniers temps, ses vêtements blancs sont les vêtements traditionnels des être célestes dans la Bible, c’est déjà le ressuscité qui nous est présenté, celui qui, dans son humanité, entraîne les hommes vers Dieu comme Moïse sur la montagne ; et celui qui, dans sa divinité, vient au devant des hommes comme Dieu était descendu sur la montagne dans le récit de l’Exode. Page admirable qui nous révèle l’identité de Jésus grâce à la voix du Père, et son rôle de Sauveur.

À la suite des disciples, le récit de la Transfiguration donne aux lecteurs de l’Évangile de contempler déjà Jésus dans sa gloire de ressuscité. Mais comme les disciples, ceux qui veulent suivre Jésus sont invités à ne pas s’installer comme s’ils étaient déjà dans les tentes éternelles du Royaume de Dieu. Cet évangile présente le terme de la route, il reste pour tous les disciples à passer avec Jésus par le chemin de la Croix.

1ère lecture : texte complet Gn 22/1-18

1 Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » 
02 Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. » 
03 Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour le sacrifice, et se mit en route vers l'endroit que Dieu lui avait indiqué. 
04 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin. 
05 Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. » 
06 Abraham prit le bois pour le sacrifice et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s'en allèrent ensemble. 
07 Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! - Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » 
08 Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », et ils s'en allaient tous les deux ensemble.
09 Ils arrivèrent à l'endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. 
10 Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. 
11 Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » 
12 L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique. » 
13 Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils. 
14 - Versets non traduits dans la version actuelle de la Bible de la liturgie (explications) 
15 Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : 
16 « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, 
17 je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. 
18 Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »

 

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