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Le blog de la paroisse de Livarot

Articles avec #lecture du dimanche

3e dimanche de Pâques - 30 avril 2017 Messe à 10h Livarot 11h30 à Castillion en Auge avec St Julien le Faucon

24 Avril 2017, 02:00am

Publié par Myriam

 

3e dimanche de Pâques - 30 avril 2017

Messe à 10h Livarot 11h30 à Castillion en Auge avec St Julien le Faucon

 

1ère lecture : Ac 2,14.22b-33

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable. C’est pourquoi mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance : tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption. Tu m’as appris des chemins de vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence. Frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous. Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui. Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l'a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez.

Commentaire :

Dans la première partie du discours, Pierre annonce le kérygme, le cœur de la foi chrétienne :

Jésus de Nazareth, vous l’avez fait mourir par la main des païens mais Dieu l’a ressuscité des morts

Pierre tire les conséquences du fait que Jésus est ressuscité. Relisant le Psaume 15 (16), il fait le raisonnement suivant :

David (auteur du psaume d’après la tradition) dit à Dieu : Tu ne peux pas m'abandonner à la mort ni laisser ton fidèle connaître la corruption. Or David est mort ; donc il ne parlait pas de lui mais du Messie promis par Dieu. Puisque Jésus est ressuscité, c’est lui le Messie, le Christ.

Remarquons bien que Pierre ne cherche pas à « prouver » la résurrection de Jésus. Pour lui, c’est un fait indiscutable. Son raisonnement est le suivant : Puisque Jésus est ressuscité, les Écritures

 

2ème lecture : 1 P 1, 17-21

Bien-aimés, si vous invoquez comme Père celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre, vivez donc dans la crainte de Dieu, pendant le temps où vous résidez ici-bas en étrangers. Vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ; mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ. Dès avant la fondation du monde, Dieu l’avait désigné d’avance et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous. C’est bien par lui que vous croyez en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et qui lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.

Commentaire :

La crainte de Dieu n’a rien à voir avec la peur. Celui qui craint Dieu, c’est celui qui fait la volonté de Dieu. Dans la prière du Notre Père, nous disons : « Que ta volonté soit faite… » Vivre selon la volonté de Dieu, c’est reconnaître dans toute sa vie que le salut nous vient du Christ crucifié et non pas de nos propres forces et encore moins de nos richesses.

 

Évangile : Lc 24,13-35

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la

semaine), deux disciples faisaient route vers un

village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Commentaire :

Le narrateur prévient d’emblée son lecteur : celui que les deux disciples déçus rencontrent sur le chemin d’Emmaüs, c’est Jésus. La question qui se pose au lecteur n’est donc pas : « Jésus est-il ressuscité ? » mais bien « Comment les disciples vont-ils reconnaître Jésus ? » puisque leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

D’où vient donc leur aveuglement ? De ce qu’ils sont tournés vers le passé : pour eux tout est fini depuis que la pierre a fermé le tombeau.

Qu’est-ce qui leur permettrait une autre vision ? La lecture des Écritures. C’est ce que Jésus va leur montrer. La Bible témoigne du souci permanent de Dieu de sauver son peuple, de le faire revenir, de ramener l’infidèle, le prodigue. Comment Dieu pourrait-il laisser dans le tombeau celui qui s’est montré l’expression parfaite de l’amour du Père. Comme le disait le Psaume 15 : « Tu ne peux laisser ton saint connaître la corruption ».

Le cœur des disciples devient tout brûlant mais, pourtant, la reconnaissance ne se fait pas encore. C’est à la fraction du pain qu’ils le reconnaissent.

Aujourd’hui encore, cet évangile nous le révèle, c’est dans le partage de la Parole et le partage du pain eucharistique que tous les disciples peuvent reconnaître Jésus vivant au milieu d’eux.

François Brossier

 

 

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2e dimanche de Pâques - la divine miséricorde - 23 avril 2017 Messe de Profession de Foi

20 Avril 2017, 14:04pm

Publié par Myriam

2e dimanche de Pâques - la divine miséricorde - 23 avril 2017

Livarot 10 h Messe de Profession de Foi

1ère lecture : Ac 2,42-47

Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.

Commentaire :

Ce texte fait partie des trois sommaires (4,32-35 ; 5,12-16) qui résument le climat qui régnait dans la première communauté chrétienne.

La vie de la communauté est marquée par les caractéristiques suivantes :

- Le rassemblement autour de l’enseignement des apôtres

- la vie de prière et la fraction du pain

- le partage

- les signes accomplis par les apôtres au nom de Jésus.

Tel était l’idéal vers lequel tendaient ces premiers chrétiens mais le livre des Actes ne cache pas qu’il rencontra vite des obstacles comme le montrent l’épisode d’Ananie et Saphire (Ac 5,1-11) ou celui qui amène à la création du groupe des Sept (Ac 6,1-7).

Chaque génération, en fonction de la réalité, est amenée à tendre vers cet idéal

 

2ème lecture :1 P 1, 3-9

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi.

Commentaire :

La lettre reprend la formule traditionnelle chez les juifs : « Béni soit Dieu » mais elle lui donne une touche chrétienne en précisant que Dieu est le Père de notre Seigneur Jésus Christ. La nouvelle naissance du chrétien est liée à la résurrection de Jésus Christ. L’auteur de la lettre n’occulte pas les épreuves que connaissent tous les chrétiens ; il y voit une mise à l’épreuve pour tester la qualité de la foi, comme on passe l’or au feu pour en éprouver la pureté. « Quand se révèlera Jésus Christ » désigne la venue du Christ à la fin des temps. Le salut espéré dans la foi plonge le croyant dans une joie inexprimable qui le transfigure.

 

Évangile : Jn 20/19-31

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Commentaire :

Après la mort de Jésus, les disciples vivent dans la peur et l’enfermement. C’est alors que surgit Jésus. Son corps glorieux n’est plus soumis aux contraintes du corps humain. Mais en même temps, les traces de sa crucifixion attestent qu’il s’agit bien du crucifié qui est ressuscité et non pas d’un fantôme.

Si Jésus se manifeste à ses disciples, c’est pour leur confier la mission de continuer son œuvre, en particulier de faire participer les hommes au salut offert par le Christ Seigneur aux pécheurs.

L’absence de Thomas donne l’occasion à l’évangéliste de donner une leçon pour les hommes de tous les temps. Croire, c’est faire confiance au témoignage des apôtres à qui le Ressuscité s’est manifesté. C’est donc à nous, lecteurs, que cette béatitude s’adresse : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Les deux scènes se passent « le premier jour de la semaine », c'est-à-dire le dimanche, le jour où les chrétiens célèbrent la résurrection. C’est le lieu par excellence où la communauté reconnaît sans cesse le Seigneur à la fraction du pain et est envoyée dans le monde pour témoigner de sa foi.

François Brossier

 

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Messe à 10h Livarot avec le Baptême 5e dimanche de Carême A - 2 avril 2017

29 Mars 2017, 05:41am

Publié par Myriam

5e dimanche de Carême A - 2 avril 2017

Messe à 10h Livarot avec le Baptême de Zoé et Thibaut

 

1ère lecture : Ez 37, 12-14

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.

Commentaire :

Le chapitre 37 d’Ézéchiel annonce le retour des exilés vers leur patrie. La vision des ossements desséchés qui reprennent vie symbolise la « résurrection » du peuple d’Israël après ses malheurs. Les versets choisis pour ce dimanche donnent la clé de cette image ; Dieu dit : « Je vais ouvrir vos tombeaux (le pays où les Israélites sont exilés) et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. »

Avec la venue de Jésus, l’ouverture des tombeaux n’est plus symbolique ; elle est une réalité :

« Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. »

 

2ème lecture : Rm 8, 8-11

Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

 

Commentaire :

Attention ! Paul n’oppose pas le corps et l’esprit. Le mot chair désigne chez lui l’homme sous l’emprise du péché. On pourrait paraphraser ainsi : quand l’homme se laisse aller à ses instincts les plus bas, il est sous l’emprise de la chair, il est bestial. Sous l’emprise de l’Esprit, l’homme est appelé à la vie que nous a acquise Jésus par sa résurrection d’entre les morts. Bien sûr, cela ne supprime pas la mort physique qui est le lot de tout être vivant. Mais l’Esprit qui habite dans le croyant est déjà semence de vie éternelle.

 

Evangile : Jn 11,1-45

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.

Mais maintenant encore, je le sais,

tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi

ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit,

les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

 

Commentaire

Contrairement aux autres signes opérés par Jésus où les bénéficiaires sont anonymes, celui-ci concerne des amis de Jésus. Il pose donc clairement le problème toujours actuel : Comment se fait-il que des croyants, des amis de Jésus soient affrontés à la mort ?

La réponse est donnée dans le dialogue avec Marthe : aux croyants, il n’est pas donné d’échapper à la mort naturelle mais il est promis la vie au-delà de la mort. « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Marthe représente alors le modèle des croyants : « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »

La séquence suivante avec Marie, sœur de Marthe et Lazare n’est pas moins importante. Elle rappelle que la foi en la résurrection n’empêche pas la souffrance et la douleur de la séparation. Jésus s’associe pleinement à la douleur et à la peine de Marie : « Jésus fut bouleversé d’une émotion profonde… Jésus pleura ».

En ressuscitant Lazare, Jésus se révèle bien comme étant lui-même la résurrection et la vie.

La personne de Lazare reste cependant dans l’ombre car la véritable résurrection n’est pas le retour à la vie antérieure mais transformation, glorification, transfiguration.

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2e dimanche de Carême A - 12 mars 2017 Messe à 10h Livarot

7 Mars 2017, 07:09am

Publié par Myriam

2e dimanche de Carême A - 12 mars 2017  Messe à 10h Livarot

2e dimanche de Carême A - 12 mars 2017

Messe à 10h Livarot

1ère lecture : Gn 12, 1-4

En ces jours-là, le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront ; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre. » Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui.

 

Commentaire :

Dans la tradition d’Israël, ce texte a beaucoup d’importance. À travers la figure de l’Ancêtre, le peuple de Dieu se voit révélé que toute son histoire commence par une initiative de Dieu.

Le Seigneur se révèle comme le Dieu de la promesse. Abraham est le modèle des croyants car il est parti sans savoir où cela le mènerait mais faisant une totale confiance aux promesses de Dieu.

Pour les chrétiens, ces promesses ont trouvé leur accomplissement dans la personne de Jésus Christ.

 

2ème lecture : 2 Tm 1, 8b-10

Fils bien-aimé, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, et maintenant elle est devenue visible, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté : il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile.

 

Commentaire :

L’apôtre invite Timothée a prendre part à ses souffrances pour l’annonce de l’Évangile. Il rappelle son enseignement : c’est par pure grâce et non selon nos mérites que nous sommes sauvés. C’est à une vocation sainte que nous sommes appelés puisqu’elle vient de Dieu et qu’elle nous associe à son projet : annoncer notre Sauveur Jésus Christ lui qui s’est manifesté en détruisant la mort.

 

Evangile : Mt 17,1-9

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

 

Commentaire :

Dans la tradition juive, la haute montagne évoque la montagne du Sinaï où Moïse a rencontré le Seigneur Dieu. Pour parler de la venue de Dieu à la fin des temps, il était habituel d’imaginer un nouveau Sinaï définitif.

L’évangéliste Matthieu reprend cette tradition pour présenter Jésus comme celui qui instaure les derniers temps. Les vêtements blancs symboles célestes et le visage transfiguré anticipent ce que révèlera la résurrection de Jésus : Jésus est le Seigneur. Il est entouré des deux figures de l’Ancien Testament dont l’histoire est liée à la montagne de Dieu et qui sont, toujours d’après les traditions juives, déjà dans la gloire de Dieu : Moïse, parce qu’on a jamais retrouvé son corps et Élie, monté au ciel sur un char de feu (2 Rois 2,11).

Pierre voudrait s’installer déjà dans les tentes éternelles. Mais il lui reste, comme pour tous les disciples, à prendre la route qui passe par le Calvaire, avant de partager en plénitude la vie du Fils bien-aimé en qui Dieu a mis tout son amour.

François Brossier

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Lecture du 1er dimanche de Carême A - 5 mars 2017

27 Février 2017, 07:55am

Publié par Myriam

1er dimanche de Carême A - 5 mars 2017

Messe à 10 h à Livarot                                                                                                            

 

                                      Jésus dans le désert. Son jeûne de quarante jours

1ère lecture : Gnu 2, 7-9

Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Or le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : ‘Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin’ ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : ‘Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’ » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus.

Commentaire :

Le Seigneur a installé l’homme dans un jardin luxuriant où tous les arbres sont à sa disposition. Seul l’arbre de la connaissance du bien et du mal lui est interdit. Comme son nom l’indique, cet arbre symbolise le fait que l’homme n’est pas susceptible par ses propres forces de savoir ce qui le conduit au bonheur ou au malheur.

En mangeant du fruit de l’arbre, poussés par le serpent et son discours mensonger, l’homme et la femme se prennent pour des dieux. Ils se retrouvent nus, c'est-à-dire conscients de leur faiblesse humaine.

En contraste, Jésus montre dans le récit des Tentations au désert, qu’il refuse de prendre la place du Créateur et de quitter sa condition humaine. C’est en allant jusqu’au bout de son humanité en mourant sur la croix qu’il recevra de son Père la Seigneurie sur la création (Cf. Ph 2,6-11).

2ème lecture : Rm 5, 12-19

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir. Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification. Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.

Commentaire :

Paul est parti d’une conviction, fruit de l’apparition du Christ ressuscité sur le chemin de Damas : par sa mort et sa résurrection, Jésus est source de salut pour toute l’humanité. Il tient alors le raisonnement suivant : puisque Jésus est mort pour tous, c’est que tous avaient besoin d’être sauvés. C’est alors que, relisant les chapitres 2-3 de la Genèse, il va mettre en opposition le premier Adam, figurant l’humanité plongée dans le péché et le nouvel Adam, Jésus Christ, en qui tous sont sauvés. Mais c’est bien sûr la figure du Christ qui est la figure principale. Seule cette connaissance de la figure du Christ sauveur permet aux chrétiens de lire le récit de la Genèse comme préfiguration de l’humanité pécheresse.

Evangile : Mt 4,1-11

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Commentaire :

Ce récit des tentations de Jésus au désert est pétri d’allusions à l’Ancien Testament. Le désert évoque celui de l’Exode après la sortie d’Égypte. Les quarante jours et quarante nuits rappellent le temps passé par Moïse sur la montagne de Dieu (Ex 24,18 ; Dt 9,9.11) et le prophète Élie (1 R 19,8). Jésus est présenté ainsi comme celui qui accomplit le véritable Exode. On peut comparer Dt 8,2-3 et Mt 4,1 :

Dt 8,2-3

Souviens-toi du chemin par lequel ta conduit le Seigneur ton Dieu dans le désert pour… te tenter…

il t’a affamé Mt 4,1

Alors Jésus fut conduit par l’Esprit au désert pour être tenté … il eut faim Jésus est aussi le nouveau Moïse.

La première citation (Dt 8,3) évoque l’épisode de la manne (Ex 16) : là où Israël avait succombé à la tentation de la nourriture terrestre, Jésus est vainqueur en refusant de se substituer au créateur. Il est le véritable Israël. La deuxième citation (Dt 6,16) fait allusion au manque de foi du peuple dans l’épisode du rocher (Ex 17,1-7). Jésus ne se « sert » pas de Dieu et refuse tout geste spectaculaire qui le ferait quitter sa condition humaine. La troisième citation (Dt 6,13) évoque l’arrivée du peuple d’Israël en Canaan où il sera tenté de se tourner vers les dieux païens : Seul Dieu son Père est digne d’adoration.

Ainsi l’évangéliste, dès le début de son récit du ministère de Jésus, présente ce qui sera la lutte permanente de Jésus contre les demandes de signes (Mt 12,38-42), les appels à devenir un Messie guerrier, la tentation d’éviter la Passion (Mt 16,21-23 ; 26,39).

Ce récit des tentations est donc avant tout un enseignement sur Jésus et sur la signification de sa condition de Fils. Jésus se montrera Fils non pas en prenant la place de son Père, ni en se transformant en Superman ou Spiderman, ni en prenant un pouvoir politique. Il se montrera Fils en allant jusqu’au bout de sa mission qui le mènera par la Croix jusqu’à sa glorification.

François Brossier

 

 

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LECTURE ET COMMENTAIRE DU DIMANCHE FEVRIER 2017

15 Février 2017, 08:11am

Publié par Myriam

- 26 février 2017 8e dimanche A

Messe 10h Livarot

1ère lecture : Is 49,14-15

Jérusalem disait : « Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée. » Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas, – dit le Seigneur.

Commentaire :

Exilé à Babylone, les habitants de Jérusalem avaient toutes les raisons de croire que Dieu les avait abandonnés. Non seulement le Seigneur n’a pas oublié son peuple mais il ira au-delà de ses espérances en envoyant son propre fils manifester son amour pour l’humanité.

2ème lecture : 1 Co 4,1-5

Frères, que l’on nous regarde comme des auxiliaires du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Or, tout ce que l’on demande aux intendants, c’est d’être trouvés dignes de confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.

Commentaire :

Paul en est à la conclusion concernant les disputes entre Corinthiens au sujet des prédicateurs auxquels ils se réfèrent. Paul ou Apollos ne sont que des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu. Paul se sait critiqué par certains Corinthiens. Il ne s’en soucie pas. Ce n’est pas aux Corinthiens de juger. Ce sera au Seigneur de le faire lors de sa venue, c’est-à-dire au Jugement dernier.

Evangile : Mt 6,24-34

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : ‘Qu’allons-nous manger ?’ ou bien : ‘Qu’allons-nous boire ?’ ou encore : ‘Avec quoi nous habiller ?’ Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

 

Commentaire :

Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. La traduction liturgique a mis une majuscule au mot « Argent » car le mot grec « Mamon » personnifie en quelque sorte l’argent et montre qu’il peut devenir une idole qui s’oppose à Dieu.

Une objection vient à l’esprit : il faut bien de l’argent pour vivre. La suite répond à cette objection. Ne vous faites pas de souci : si les oiseaux qui ne travaillent pas sont nourris par Dieu, à plus forte raison les humains. Les soucis ne prolongeront pas votre vie. Si Dieu habille de splendeur les lys des champs, à plus forte raison il n’oubliera pas ses disciples. Ne vous faites pas de souci pour demain… À chaque jour suffit sa peine.

On sent bien ici une illustration de la demande du Notre Père : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Le message de Jésus dénonce le danger de bâtir sa vie sur le désir d’avoir toujours plus, au point de laisser guider sa vie par l’Argent. Mais attention aux mauvaises lectures : ce n’est pas l’insouciance des oiseaux ou la passivité des fleurs qui est donnée en exemple, mais la confiance en la sollicitude de Notre Père. Saint Paul rappellera à juste titre aux Thessaloniciens (2 Th 3,10-12) que, s’ils veulent manger, ils doivent travailler : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus !

François Brossier

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LECTURE ET COMMENTAIRE DU DIMANCHE FEVRIER 2017

15 Février 2017, 08:08am

Publié par Myriam

- 19 février 2017 7e dimanche A

Messe 10 h Livarot

1ère lecture : Lv 19,1-2.17-18

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »

Commentaire :

Au chapitre 19 du Lévitique, la loi de Moïse exprime les exigences divines : puisque le peuple d’Israël a été consacré au Dieu saint, ses actes doivent témoigner de cette sainteté. Celle-ci se manifestera particulièrement dans le refus de la haine, de toute idée de vengeance et dans l’amour du prochain.

2ème lecture : 1 Co 3,16-23

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté. Il est écrit encore : Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur ! Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

Commentaire :

Paul se préoccupe à nouveau des divisions dans l’Église de Corinthe où les uns se réclament d’Apollos, d’autres de Pierre, d’autres encore de Paul. Ceux-ci ne sont que des ministres de Dieu (1 Co 3,5). L’Église de Corinthe est la maison de Dieu et l’unique fondation est Jésus Christ et non pas un prédicateur. Si l’Église est temple de Dieu, amener des divisions, c’est détruire ce temple sacré.

Il ne faut donc pas mettre son orgueil dans des hommes, si sages humainement soient-ils. En fait, les chrétiens possèdent tout par leur incorporation au Christ. C’est en lui que les chrétiens possèdent tout : Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie et la mort, le présent et l’avenir.

Evangile : Mt 5,38-48

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

 

Commentaire :

La loi du talion (Ex 21,24) était déjà un progrès puisqu’elle précisait que la peine devait être proportionnelle à l’offense pour éviter l’escalade. Jésus va plus loin en invitant à ne pas rendre coup pour coup pour casser l’engrenage de la violence.

« Tu aimeras ton prochain » se trouve en Lv 19,18 (cité dans la première lecture de ce dimanche). En revanche, « tu haïras ton ennemi » ne se trouve pas comme tel dans l’Ancien Testament. Jésus vise ici les sentiments de haine qui s’expriment dans le peuple de Dieu vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas leur foi ou qui sont les ennemis. On retrouve exprimés ces sentiments dans quelques Psaumes, par exemple, le Ps 63,10-11 « Mais ceux qui pourchassent mon âme, qu’ils descendent aux profondeurs de la terre, qu’on les passe au fil de l’épée, qu’ils deviennent la pâture des loups ! »

Jésus va beaucoup plus loin en invitant à aimer même les ennemis. C’est ainsi que les disciples montreront qu’ils sont vraiment « Fils de Dieu le Père », lui qui fait le ver le soleil sur les bons et les méchants. Le Lévitique disait : « Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » Jésus dit : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

François Brossier

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Lecture et Commentaire du dimanche 12 févier 2017

6 Février 2017, 08:53am

Publié par Myriam

Messe 10h Livarot 12 février 2017 6e dimanche A

1ère lecture : Si 15,15-20

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. Car la sagesse du Seigneur est grande, fort est son pouvoir, et il voit tout. Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes. Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher.

Commentaire :

Le sage qui conseille son fils lui rappelle qu’il est libre d’observer ou non les commandements de Dieu. Il n’est pas question de rejeter sur Dieu la responsabilité des actes mauvais : Dieu n’a commandé à personne d’être impie, il n’a permis à personne de pécher.

2ème lecture : 1 Co 2,6-10

Frères, c’est bien de sagesse que nous parlons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n’est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction. Au contraire, ce dont nous parlons, c’est de la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, établie par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dirigent ce monde ne l’a connue, car, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu.

Commentaire :

Alors que des Corinthiens se sont attachés à un prédicateur, Paul affirme que ce n’est pas au prédicateur qu’il faut s’attacher. Car ce que prêche Paul n’est pas le fruit d’une sagesse humaine. Lui, Paul, n’est rien. Ce qu’il prêche, c’est ce qui a été révélé par l’Esprit et qui est rappelé dans les versets précédents (voir dimanche dernier) : c’est Jésus Christ. C’est lui cette sagesse révélée par l’Esprit que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, que le cœur de l'homme n'avait pas imaginé, qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu.

Evangile : Mt 5,17-37

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’, ‘non’, si c’est ‘non’. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »

Commentaire :

Jésus n’est pas venu abolir mais accomplir la Loi de Moïse. Qu’est-ce à dire ? Il faut bien prendre le verbe « accomplir » dans le sens de « porter à sa perfection » et non pas seulement faire ce qui est prévu. Jésus vient porter à sa perfection la Loi de Moïse. Il l’illustre à partir de quelques exemples : le meurtre est condamné par la loi de Moïse, mais Jésus montre que l’on peut aussi « tuer » les gens par la parole, la calomnie, la colère. L’adultère était condamné par la loi de Moïse, Jésus dénonce l’adultère en pensée. La loi de Moïse prévoyait que quelqu’un puisse renvoyer sa femme, même pour des motifs futiles, Jésus protège l’épouse et dénonce ce qui détruit l’unité profonde du couple.

En fait, Jésus montre surtout qu’il ne suffit pas de respecter la lettre de la loi de Moïse, mais qu’il faut non seulement en respecter l’esprit mais aussi aller au-delà pour plus de justice et d’amour du prochain.

François Brossier

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Lecture t commentaire du dimanche 5 février 2017 avec accueil de 2 enfants en manche vers le baptême

25 Janvier 2017, 08:37am

Publié par Myriam

Lecture t commentaire du dimanche 5 février 2017 avec accueil de 2 enfants en manche vers le baptême

- 5 février 2017 5e dimanche A

 

Messe 10h Livarot messe d’accueil de deux enfants du catéchisme en chemin vers le baptême

1ère lecture : Is 58,7-10

Ainsi parle le Seigneur : Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi.

 

Commentaire :

Ce passage du livre d’Isaïe a été composé au retour de l’Exil. Le prophète répond à ceux qui se plaignent que Dieu semble ne pas faire attention à leurs gestes de piété ni à leur jeûne. Il leur dit au nom du Seigneur : « Le jeûne que je préfère, n’est-ce pas dénouer les liens provenant de la méchanceté…, partager ton pain avec l’affamé, héberger les sans abris, etc. » Celui qui agit ainsi sera comme une lumière qui rayonne dans les ténèbres ou comme une fontaine dont les eaux ne déçoivent pas.

 

2ème lecture 1 Co 2,1-5

Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

 

Commentaire :

Paul, ici, ne dénigre pas la sagesse en tant que telle mais il affirme que ce qu’il révèle n’est pas le fruit d’une sagesse humaine ou d’une habile construction littéraire. Ce qu’il annonce, c’est un Messie crucifié. Il faut mesurer l’incongruité d’une telle formule, en particulier pour les juifs. Le Messie, l’Oint du Seigneur, le Fils de David, serait celui qui est mort sur une croix ? Pourtant telle est bien l’affirmation de Paul. Pour lui, la foi n’est pas une adhésion purement humaine à une démonstration intellectuelle. Seule la puissance de l’Esprit peut conduire à la foi en Jésus Christ le crucifié.

 

Evangile : Mt 5,13-16

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, avec quoi sera-t-il salé ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

 

Commentaire :

Deux images qualifient les disciples auxquels s’adresse le discours de Jésus :

1) Le sel : Vous êtes le sel de la terre. Le sel est ce qui donne du goût et permet la conservation des aliments. Si le sel perd ses qualités, il n’est plus d’aucune utilité. Par la qualité de leur vie guidée par les Béatitudes, les disciples sont appelés à donner saveur à l’humanité en étant pacifiques, droits, justes et miséricordieux. Sans cela, ils sont inutiles.

2) La lumière : Vous êtes la lumière du monde. La lumière s’oppose aux ténèbres. Les disciples sont appelés à refléter par leur vie la lumière de la révélation divine faite par Jésus Christ. (Cf. Pr 4,18 Les chemins des justes brillent comme la lumière et Si 32,16 Ils font briller leurs justes actions comme la lumière) La ville située sur la montagne évoque peut-être la ville de Séphoris en Galilée construite au sommet d’une colline et qui est visible de très loin. Quand elles n’étaient pas utilisées, les lampes à huile étaient rangées dans le boisseau. Un disciple dont la vie serait à l’inverse de l’esprit des Béatitudes ressemblerait à une lampe rangée dans le placard. Il ne s’agit pas pour les disciples d’exhiber leurs vertus mais de témoigner par leur vie de ce qui les anime : l’Évangile de Jésus Christ.

François Brossier

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Lecture et Commentaire du dimanche 29 janvier 2017

25 Janvier 2017, 08:24am

Publié par Myriam

29 janvier 2017 4e dimanche A -

Messe 10h Livarot

1ère lecture : So 2,3 ; 3,12-13

Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays, qui accomplissez sa loi. Cherchez la justice, cherchez l’humilité : peut-être serez-vous à l’abri au jour de la colère du Seigneur. Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur. Ce reste d’Israël ne commettra plus d’injustice ; ils ne diront plus de mensonge ; dans leur bouche, plus de langage trompeur. Mais ils pourront paître et se reposer, nul ne viendra les effrayer.

 

Commentaire :

Le prophète Sophonie a prêché à l’époque du roi Josias (640-609). Sous son prédécesseur Manassé, le royaume de Juda a connu une des périodes les plus sombres de son histoire et les abus de ce règne ne sont pas encore extirpés : corruption des élites, syncrétisme religieux, attrait des modes étrangères, indifférence religieuse. Le prophète annonce le châtiment des orgueilleux et des riches. Il se fait le chantre des humbles et des pauvres ; eux seuls formeront le petit reste qui mettra sa confiance dans le Seigneur, son seul sauveur, sa joie, sa force.

Dans les Béatitudes, Jésus fera l’éloge de cette pauvreté et de cette humilité sans lesquelles l’homme imbu de lui-même ne laisse pas de place pour Dieu.

 

2ème lecture : 1 Co 1,26-31

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu. C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.

 

Commentaire :

Trois versets auparavant, Paul a rappelé que sa prédication n’est pas là pour se faire mousser ni pour s’attirer les bonnes grâces de ceux qui l’écoutent : « Nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens. » En conséquence, personne ne doit s’enorgueillir de ce qu’il est humainement (Les membres de la communauté sont souvent de petites gens), mais de ce qu’il a reçu de Dieu dans le Christ Jésus.

 

Evangile : Mt 5,1-12a

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

 

Commentaire :

La lecture suivie de l’évangile de Matthieu nous conduit à relire les Béatitudes qui représentent le grand porche d’entrée au Discours sur la montagne.

Rappelons ici le commentaire écrit lors de la fête de la Toussaint pour ce même passage :

Ce « Sermon sur la montagne » s’adresse aux disciples de Jésus, c’est-à-dire à ceux qui déjà ont été séduits par la personne de Jésus et son annonce du Règne de Dieu. Seuls ceux qui ont mis leurs pas dans ceux du Christ peuvent entendre ses exigences. Jésus leur annonce que le chemin qu’il propose conduit au bonheur dès maintenant.

Le pauvre de cœur est celui qui se conduit comme tel face à Dieu et lui fait totalement confiance.

Le doux est celui qui, à l’exemple de Jésus, refuse de s’imposer par la force et se fait serviteur de ses frères.

Les disciples qui pleurent dans leurs épreuves misent sur le réconfort promis par Dieu tel qu’il s’exprimait déjà en Is 61,2 où l’oint du Seigneur est venu consoler les affligés.

Avoir faim et soif de justice, c’est aspirer à la victoire des droits de Dieu en eux-mêmes et dans le monde.

Le miséricordieux est celui qui sait pardonner comme Dieu lui pardonne.

Quant l’évangile parle de cœur pur, il ne vise pas la sexualité (du moins pas directement) mais bien la droiture, la franchise et l’absence de duplicité.

Le pacifique est celui qui travaille à réconcilier les hommes entre eux et favorise les relations humaines dénuées d’agressivité.

Les attitudes prônées par les premières béatitudes suscitent une vive opposition de la part des violents et des dominateurs. Jésus a montré par sa mort et sa résurrection que le mal n’aura pas le dernier mot.

Nous continuerons la lecture du Sermon sur la montagne pendant le mois de février jusqu’au Carême.

François Brossier

 

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