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Le blog de la paroisse de Livarot

Lecture et Commentaire du Dimanche 27 Août 2017

16 Août 2017, 12:08pm

Publié par Marie

&

21e dimanche A - 27 août 2017

Messe 10h Livarot

1ère lecture : - Is 22, 19-23

Parole du Seigneur adressé à Shebna le gouverneur : « Je vais te chasser de ton poste, t’expulser de ta place. Et, ce jour-là, j’appellerai mon serviteur, Éliakim, fils d’Helcias.  Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe, je lui remettrai tes pouvoirs : il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira. Je le planterai comme une cheville dans un endroit solide ; il sera un trône de gloire pour la maison de son père. »

 

Commentaire :

Shebna était « maître du palais » à la cour royale de Jérusalem. C’était une fonction très importante : le maître du palais détenait les clés du palais royal et c’est lui qui introduisait les visiteurs auprès du souverain. Shebna s’est montré indigne de sa fonction ; il agissait en parvenu ne se préoccupant que de sa propre gloire. Les clés vont donc être remises à un autre serviteur, Éliakim.

Jésus le Messie (celui qui a reçu l’onction royale) confiera les clés du Royaume des cieux à Pierre, qui est ainsi désigné comme l’intendant de la communauté chrétienne.

2ème lecture : Rm 11, 33-36

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité ! Amen.

 

 Commentaire :

Paul a développé longuement le mystère concernant l’avenir d’Israël : la miséricorde de Dieu englobe tous les hommes (cf. commentaire de dimanche dernier). Paul termine alors par ce chant de louange et de reconnaissance pour ce Dieu dont les desseins sont souvent mystérieux mais n’ont qu’un objectif : le salut et le bonheur de tous les hommes.

 

Évangile : Mt 16,13-20

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.

 

Commentaire :

La profession de foi de Pierre est l’expression de la foi des premiers chrétiens : Jésus est « confessé » à la fois comme le Christ, le Messie fils de David promis par Dieu, et comme Fils de Dieu révélé par le Père.

Dans sa réponse, Jésus rappelle que cette foi n’est pas due à une déduction humaine ou un raisonnement philosophique mais à une révélation, révélation qui se transmet de génération en génération.

Jésus affirme ensuite : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». Ceci nous rappelle que la foi chrétienne n’est pas une affaire individuelle entre Dieu et chaque homme.

 

La révélation a été confiée à une communauté rassemblée autour de Pierre et des apôtres. Cela reste primordial aujourd’hui : l’interprétation et l’actualisation de l’enseignement de Jésus ne sont pas laissées à l’interprétation de chacun.

Jésus donne à Pierre les clefs du Royaume des cieux. Recevoir les clés d’un domaine, c’était en devenir l’intendant, c’est-à-dire un serviteur, conscient des limites de son pouvoir : il n’est pas le maître. Pierre a ici un rôle bien terrestre et non celui de concierge du paradis. Le couple « lier-délier » exprimait chez les sages juifs l’acte d’autorité qui décide si telle ou telle action est permise ou non par la Loi de Moïse. Pierre et ses successeurs ont pour mission de rappeler ce qui est ou non-conforme à l’enseignement de Jésus.

 

François Brossier

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Lecture et Commentaire du dimanche 20 Août 2017

16 Août 2017, 12:05pm

Publié par Marie

20e dimanche A - 20 août 2017

Messe 10h Livarot  11h30 a Authieu-papion et Le Mesnil Simon

1ère lecture : Is 56, 1.6-7

 

Ainsi parle le Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler. Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance, je les conduirai à ma montagne sainte, je les comblerai de joie dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples. »

 

Commentaire :

Au retour de l’Exil à Babylone, la question se pose de l’admission des étrangers au sein de la communauté israélite. Le prophète donne une réponse très ouverte en faveur de tous les hommes sans distinction : n’importe quel membre du genre humain peut accéder à la foi au Dieu d’Israël et entrer dans son Alliance à condition d’en observer les prescriptions religieuses et morales.

 

2ème lecture : Rm 11, 13-15.29-32

 

Frères, je vous le dis à vous, qui venez des nations païennes : dans la mesure où je suis moi-même apôtre des nations, j’honore mon ministère, mais dans l’espoir de rendre jaloux mes frères selon la chair, et d’en sauver quelques-uns. Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l’écart, qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts ! Les dons gratuits de Dieu et son  ppel sont sans repentance. Jadis, en effet, vous avez refusé de croire en Dieu, et maintenant, par suite de leur refus de croire, vous avez obtenu miséricorde ; de même, maintenant, ce sont eux qui ont refusé de croire, par suite de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c’est pour qu’ils obtiennent miséricorde, eux aussi. Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde.

 

Commentaire :

C’est la fin du développement de Paul concernant les juifs. Dans une formule audacieuse, Paul montre que juifs et païens se retrouvent dans la désobéissance à Dieu. Si la désobéissance des païens a conduit à la miséricorde, la désobéissance des juifs les conduira également à la miséricorde. Tout s’ordonne au salut des hommes, juifs et païens.

 

Evangile : Mt 15,21-28

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

 

Commentaire :

Cet épisode a toujours surpris : comment comprendre que Jésus puisse traiter les païens de « chiens » même si le qualificatif de « petits chiens » vient atténuer la rudesse du terme ?

 

En fait, il faut bien comprendre le contexte dans lequel Matthieu rapporte cet épisode. Le gros problème de l’Église, composée au début uniquement de juifs, est de savoir si l’on peut vraiment y intégrer les païens sans pour autant nier que Jésus comble l’espérance du peuple juif. La réponse est double : oui, Jésus est venu pour les brebis perdues d’Israël ; et en même temps, il accueille les païens. La seule condition pour s’asseoir à la table de l’Église et y recevoir le pain des enfants, c’est de croire en Jésus Christ, le Seigneur. À ce point de vue, la Cananéenne est vraiment un modèle : elle reconnaît en Jésus le Seigneur et le Messie (fils de David) et ne se laisse pas démonter par la réponse première de Jésus. C’est pourquoi Jésus peut louer cette grande foi.

 

François Brossier

 

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lecture et commentaire du 19e dimanche A - 13 août 2017

2 Août 2017, 06:12am

Publié par Marie

&

19e dimanche A - 13 août 2017

Messe 10h Livarot

1ère lecture : 1R 19, 9-13

En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit,

Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.

Commentaire :

Le prophète Élie a combattu les prêtres du dieu cananéen Baal, le dieu de la fécondité. La reine Jézabel, femme du roi d’Israël, d’origine cananéenne, décide de faire mourir Élie. Celui-ci se sauve et part en « pèlerinage » à la montagne de Dieu, l’Horeb (autre nom pour désigner le Sinaï), là où Moïse avait rencontré Dieu. Il est bon de relire la théophanie d’Ex 19,16-19 où Dieu parle au milieu du feu, des éclairs, le tremblement de terre et le tonnerre.

En contraste, Élie ne rencontre Dieu ni dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu mais dans « le murmure d’une brise légère. » La traduction liturgique suit la traduction traditionnelle. Le texte hébreu, traduit littéralement, me paraît plus expressif : Élie rencontre Dieu « dans une voix de fin silence. »

Si Ex 19 manifeste la transcendance de Dieu, le récit d’1 Rois 19 montre que Dieu se manifeste aussi et plus souvent dans le silence.

 

2ème lecture : Rm 9, 1-5

Frères, c’est la vérité que je dis dans le Christ, je ne mens pas, ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint : j’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante. Moi-même, pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ : ils sont en effet Israélites, ils ont l’adoption, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses de Dieu ; ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen.

 

Commentaire :

Nous avons là le début de développement de la lettre aux Romains concernant Israël. Paul est profondément affecté par le fait que ses coreligionnaires, dans leur grande majorité, n’ont pas reconnu en Jésus le Christ Seigneur. Il affirme que l’adoption, la gloire, les alliances, la Loi, les promesses de Dieu restent valables pour les juifs. Mais il leur manque de reconnaître en Jésus le Christ Seigneur.

 

Evangile : Mt 14,22-33

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la paro le : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »     Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Commentaire :

Cette page d’évangile n’est compréhensible que lue avec l’éclairage pascal. Les disciples se retrouvent seuls à affronter la mer symbole des forces de mort qui assaille leur barque. C’est déjà la nuit de la mort, celle du vendredi saint qui est évoquée. Jésus vient, dominant les flots de la mort comme le Créateur foulait la houle des mers (Job 9,8). Les disciples ne peuvent le reconnaître : Ils cherchent le Jésus qu’ils ont connu et ne peuvent reconnaître le Christ en gloire. Leur peur, leur doute, sont ceux qu’ils auront lors des apparitions pascales. L’attitude de Pierre est celle qu’il aura lors de la dernière Cène : fanfaronnade, peur, manque de foi puis pardon accordé par Jésus.

 

Comment le lecteur de l’évangile ne pourrait-il pas se reconnaître dans la personne de Pierre ?

 

François Brossier

 

 

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