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Le blog de la paroisse de Livarot

Vigile pascale - 15avril 2017 Livarot 20h

12 Avril 2017, 22:51pm

Publié par Myriam

SAMEDI SAINT - VEILLEE PASCALE

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La liturgie du feu

 

Nous nous rassemblons autour d’un feu, d’une flamme, comme il y a peu de temps se rassemblaient les familles près de l’âtre.

Pour la veillée… Dans l’attente du Seigneur…

Nous ne pouvons pas accepter que Jésus disparaisse pour toujours, vaincu par la mort.

Comme nous ne pouvons pas accepter de laisser finir nos vies dans un cimetière…

Ce feu allumé, dont la flamme va nous accompagner, nous dit que la nuit n’est pas irrémédiable…

Frères et sœurs, restons éveillés, il vient, le Seigneur.

 

Bénédiction du feu

 

Seigneur notre Dieu, tu as tellement aimé notre monde que tu nous as donné ton Fils Jésus, notre Seigneur. Il nous a livré ton visage de tendresse en se laissant écraser par la mort. Elevé de terre, il nous attire à lui. Sa parole accompagne notre route humaine, nuée lumineuse le jour, clarté au cœur de la nuit. Bénis cette flamme qui monte dans la nuit. Garde-nous éveillés, dans l’attente, car tu es le Dieu fidèle pour les siècles des siècles. Amen !

 

Bénédiction du cierge

 

Le Christ, hier et aujourd'hui, commencement et fin de toutes choses, alpha et oméga; à lui, le temps et l'éternité, à lui, la gloire et la puissance, pour les siècles des siècles. Amen!

 

En rentrant dans l'Eglise, nous reprenons trois fois:

Lumière du Christ... Nous rendons grâce à Dieu.

Les membres de l'assemblée allument leur cierge au cierge de Pâques.

Vigile pascale - 15avril 2017 Livarot 20h

Veillée pascale

1ère lecture : La création de la nature et de l’homme (Gn 1, 1-2,2 )

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour. Et Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux. » Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi. Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour. Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu’elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme. » Et ce fut ainsi. Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante qui porte sa semence, et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi. La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : troisième jour. Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu’ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ; et qu’ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour commander au jour, le plus petit pour commander à la nuit ; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : quatrième jour. Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. » Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour. Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour. Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.

Commentaire :

Ce grand poème chantant la création du monde apparaît dans la tradition juive comme le premier geste sauveur de Dieu. Il a donc toute sa place dans cette veillée pascale qui va culminer avec la célébration de l’acte sauveur définitif : la mort et la résurrection de Jésus.

Il n’y a, rappelons-le, aucune prétention à décrire comment les choses se sont passées. L’auteur de la Genèse se contente de décrire ce qu’il a sous les yeux. Ce qui est sûr pour lui, c’est que la création, en particulier celle de l’homme, est un geste gratuit de Dieu, un geste d’amour et le début de l’aventure entre Dieu et l’humanité. Le geste créateur consiste avant tout à mettre de l’ordre, en particulier en séparant le jour et la nuit, les eaux d’en haut et les eaux d’en bas, la terre et la mer, puis à meubler la terre avec les animaux et les plantes, le tout étant confié à l’homme.

 

2ème lecture : Sacrifice et délivrance d’Isaac, le fils bien-aimé (Gn 22, 1-13. 15-18)

En ces jours-là, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai. » Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. Moi et le garçon, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. » Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble. I saac dit à son père Abraham : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? » Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Et ils s’en allaient tous les deux ensemble. Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. » Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Abraham donna à ce lieu le nom de « Le-Seigneur-voit ». On l’appelle aujourd’hui : « Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu. » Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham. Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis. Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. »

Commentaire :

Dans le livre de la Genèse, ce récit met en relief la foi d’Abraham : il sort vainqueur de l’épreuve envoyée par Dieu. Il ne s’est pas considéré comme propriétaire du fils de la promesse, il est prêt à rendre à Dieu ce que Dieu lui a donné. C’est pourquoi ce fils lui est rendu.

Dans la tradition juive de l’Aqeda (la ligature), la perspective n’est plus la même : on s’intéresse davantage à Isaac qu’à son père. C’est Isaac qui demande à Abraham de bien l’attacher de façon à ce que le sacrifice soit parfait. En cette nuit pascale, c’est ce type de lecture qui a été en quelque sorte retenu : Jésus est le nouvel Isaac qui donne sa vie par amour des hommes et devient ainsi le Sauveur.

Rappelons également que les sacrifices humains ont toujours été interdits en Israël cf. Jérémie 7,31

 

3ème lecture : La libération d’Israël par le passage de la mer (Ex 14, 15-15, 1)

En ces jours-là, le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route ! Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer, fends-la en deux, et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec. Et moi, je ferai en sorte que les Égyptiens s’obstinent : ils y entreront derrière eux ; je me glorifierai aux dépens de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers. Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand je me serai glorifié aux dépens de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers. » L’ange de Dieu, qui marchait en avant d’Israël, se déplaça et marcha à l’arrière. La colonne de nuée se déplaça depuis l’avant-garde et vint se tenir à l’arrière, entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer. Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent. Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Les Égyptiens les poursuivirent ; tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers entrèrent derrière eux jusqu’au milieu de la mer. Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l’armée des Égyptiens, et il la frappa de panique. Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s’écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c’est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras sur la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! » Moïse étendit le bras sur la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer. Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul. Mais les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer. Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l’Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse. Alors Moïse et les fils d’Israël chantèrent ce cantique au Seigneur :

Commentaire :

Le récit du miracle de la mer est le fruit d’une longue histoire qui ne permet pas de décrire ce qui s’est passé réellement. En particulier, les écrivains inspirés ont décrit ce geste de séparation des eaux comme une reprise du geste de création en Gn 1. Les eaux sont fendues (cf. Gn 1,9) pour que les fils d’Israël soient sauvés ; par contre, les eaux reviennent au chaos pour les Égyptiens.

Ce qui est à retenir de ce récit, c’est la conviction dont il témoigne. Israël est né d’un geste gratuit de Dieu. Le peuple n’a participé en rien au geste sauveur.

Le chrétien croit à son tour que le salut qui lui est offert dans la mort-résurrection de Jésus ne doit rien à ses mérites. Le salut lui vient d’un don gratuit.

4ème lecture : L’amour de Dieu pour Jérusalem son épouse (Is 54, 5-14)

Parole du Seigneur adressée à Jérusalem : Ton époux, c’est Celui qui t’a faite, son nom est « Le Seigneur de l’univers ». Ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël, il s’appelle « Dieu de toute la terre ». Oui, comme une femme abandonnée, accablée, le Seigneur te rappelle. Est-ce que l’on rejette la femme de sa jeunesse ? – dit ton Dieu. Un court instant, je t’avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse, je te ramènerai. Quand ma colère a débordé, un instant, je t’avais caché ma face. Mais dans mon éternelle fidélité, je te montre ma tendresse, – dit le Seigneur, ton rédempteur. Je ferai comme au temps de Noé, quand j’ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre : de même, je jure de ne plus m’irriter contre toi, et de ne plus te menacer. Même si les montagnes s’écartaient, si les collines s’ébranlaient, ma fidélité ne s’écarterait pas de toi, mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, – dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse. Jérusalem, malheureuse, battue par la tempête, inconsolée, voici que je vais sertir tes pierres et poser tes fondations sur des saphirs. Je ferai tes créneaux avec des rubis, tes portes en cristal de roche, et toute ton enceinte avec des pierres précieuses. Tes fils seront tous disciples du Seigneur, et grande sera leur paix. Tu seras établie sur la justice : loin de toi l’oppression, tu n’auras plus à craindre ; loin de toi la terreur, elle ne t’approchera plus.

Commentaire :

Ce passage du livre d’Isaïe chante la fidélité de Dieu pour Jérusalem. Il reprend le thème nuptial. Dieu ne peut oublier l’amour de sa jeunesse. À cause de ses fautes, Israël s’est retrouvé en Exil à Babylone, abandonné de Dieu. Mais la tendresse de Dieu est plus forte que son ressentiment. Dieu a toujours des projets de justice et de paix pour sa bien-aimée.

Devenus enfants de Dieu par le baptême, les chrétiens sont les témoins de la fidélité de Dieu à ses promesses : « Tes fils goûteront un bonheur sans limites. »

 

5ème lecture : Le mystère de l’eau et de la parole (Is 55, 1-11)

Ainsi parle le Seigneur : Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David. Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples, pour les peuples, un guide et un chef. Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ; une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur. Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission.

Commentaire :

À l’époque du retour d’Exil à Babylone, le prophète transmets d’abord une invitation de Dieu à un repas de fête gratuit. Derrière cette métaphore du repas, il faut comprendre l’invitation à écouter la Parole de Dieu qui procure la vie.

Dieu promet aussi à ses fidèles de leur rendre le rayonnement qui fut celui de David. Encore faut-il qu’ils se convertissent, qu’ils fassent confiance à son pardon et comprennent que les vues de Dieu sont bien au dessus de celle des hommes.

Enfin, par la métaphore de la pluie et de la neige, Dieu assure les croyants de l’efficacité de sa Parole.

 

6ème lecture : Dieu offre aux hommes la vraie sagesse (Ba 3, 9-15.32-4,4)

Écoute, Israël, les commandements de vie, prête l’oreille pour acquérir la connaissance. Pourquoi donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis, vieillissant sur une terre étrangère, souillé par le contact des cadavres, inscrit parmi les habitants du séjour des morts ? – Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse ! Si tu avais suivi les chemins de Dieu, tu vivrais dans la paix pour toujours. Apprends où se trouvent et la connaissance, et la force, et l’intelligence ; pour savoir en même temps où se trouvent de longues années de vie, la lumière des yeux et la paix. Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse, qui a pénétré jusqu’à ses trésors ? Celui qui sait tout en connaît le chemin, il l’a découvert par son intelligence. Il a pour toujours aménagé la terre, et l’a peuplée de troupeaux. Il lance la lumière, et elle prend sa course ; il la rappelle, et elle obéit en tremblant. Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ; il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! » Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites. C’est lui qui est notre Dieu : aucun autre ne lui est comparable. Il a découvert les chemins du savoir, et il les a confiés à Jacob, son serviteur, à Israël, son bien-aimé. Ainsi, la Sagesse est apparue sur la terre, elle a vécu parmi les hommes. Elle est le livre des préceptes de Dieu, la Loi qui demeure éternellement : tous ceux qui l’observent vivront,

ceux qui l’abandonnent mourront. Reviens, Jacob, saisis-la de nouveau ; à sa lumière, marche vers la splendeur : ne laisse pas ta gloire à un autre, tes privilèges à un peuple étranger. Heureux sommes-nous, Israël ! Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.

Commentaire :

Le livre de Baruch est un écrit de la diaspora juive parvenu jusqu’à nous dans l’édition grecque de la Bible (La Septante). Il n’a pas été retenu dans la Bible juive ni dans les éditions protestantes.

L’auteur du livre s’adresse à Israël, dispersé parmi les nations païennes, pour qu’il prenne conscience que la cause de cette dispersion vient de ce qu’il a abandonné la source de la Sagesse.

Cette Sagesse qui vient de Dieu est inaccessible à l’homme mais elle a été confiée à Israël : c’est la Loi. Si Israël veut vivre, qu’il revienne à cette Loi.

Pour les chrétiens, cette Sagesse divine, c’est Jésus Christ lui-même.

 

7ème lecture : Le cœur nouveau et l’esprit nouveau (Ez 36, 16-17a. 18-28)

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, lorsque les gens d’Israël habitaient leur pays, ils le rendaient impur par leur conduite et leurs actes. Alors j’ai déversé sur eux ma fureur, à cause du sang qu’ils avaient versé dans le pays, à cause des idoles immondes qui l’avaient rendu impur. Je les ai dispersés parmi les nations, ils ont été disséminés dans les pays étrangers. Selon leur conduite et leurs actes, je les ai jugés. Dans les nations où ils sont allés, ils ont profané mon saint nom, car on disait : ‘C’est le peuple du Seigneur, et ils sont sortis de son pays !’ Mais j’ai voulu épargner mon saint nom, que les gens d’Israël avaient profané dans les nations où ils sont allés. Eh bien ! tu diras à la maison d’Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n’est pas pour vous que je vais agir, maison d’Israël, mais c’est pour mon saint nom que vous avez profané dans les nations où vous êtes allés. Je sanctifierai mon grand nom, profané parmi les nations, mon nom que vous avez profané au milieu d’elles. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur – oracle du Seigneur Dieu – quand par vous je manifesterai ma sainteté à leurs yeux. Je vous prendrai du milieu des nations, je vous rassemblerai de tous les pays, je vous conduirai dans votre terre. Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; de toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles. Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères : vous, vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.

Commentaire :

Le prophète rappelle d’abord que, par son inconduite, Israël a profané le nom de Dieu. C’est pourquoi il s’est retrouvé en Exil.

Mais Dieu est fidèle à ses promesses, c’est pourquoi il va restaurer Israël non à cause des mérites de ce peuple infidèle mais pour que les nations apprennent qui est le Seigneur.

Dieu va donc purifier son peuple souillé par les idoles et lui donner un cœur nouveau, un esprit nouveau. Ainsi, la relation entre Dieu et son peuple sera à nouveau une relation d’amour : Vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu.

Les chrétiens ont lu ici une annonce du baptême.

 

Épître : Le baptême nous donne la vie nouvelle du Christ mort et ressuscité (Rm 6, 3b-11)

Frères, nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Commentaire :

Paul montre bien dans cet extrait de sa lettre aux Romains ce qu’est le baptême : non pas la simple reconnaissance que nous sommes aimés de Dieu, mais l’ouverture à une vie radicalement nouvelle.

Plongés dans les eaux du baptême, nous avons été mis au tombeau avec Jésus ; sortant des eaux baptismales, nous sommes sortis du tombeau, ressuscités par la puissance du Père. Il s’agit donc d’une nouvelle naissance qui nous introduit dans la vie éternelle. Elle ne supprime pas la mort naturelle qui est le lot de tout être vivant. Mais elle supprime la mort qui est perte totale et définitive de tout lien à Dieu et aux autres. C’est pourquoi Paul dit que nous sommes morts au péché et vivants pour Dieu.

 

Evangile :Mt 28/1-10

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : ‘Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.’ Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Commentaire :

Les quatre évangiles témoignent, chacun à leur façon, d’un fait étonnant : le matin du premier jour de la semaine (pour nous, le dimanche) qui a suivi la mort de Jésus, les femmes venues au tombeau ont eu la surprise de découvrir que celui-ci était ouvert et vide. Au premier degré, cela ne prouve rien mais pose une question : qu’est devenu le corps de Jésus ? La réponse sera donnée par Jésus lui-même lorsqu’il se fera voir à ses disciples, vivant mais tout autre. Autrement dit, ce n’est pas un raisonnement humain qui peut donner la conviction que Jésus est ressuscité mais une révélation. C’est ce que s’attache à monter l’évangéliste Matthieu dans son récit de la découverte du tombeau vide. Il le bâtit suivant le schéma habituel des récits de révélation (récits apocalyptiques) tels qu’on les trouve par exemple dans le livre de Daniel (Voir Dn 8,15-27) : description de la situation (les femmes viennent au tombeau), vision d’un personnage céleste (l’Ange du Seigneur) accompagné de signes cosmiques (tremblement de terre), message du personnage céleste expliquant la vision et délivrant un message (« Vous cherchez Jésus le crucifié, il n’est pas ici, il est ressuscité »), un envoi (« Allez dire à ses disciples »), réaction de frayeur des voyants (tremblantes). Matthieu ajoute la description des gardes mis devant le tombeau qui deviennent « comme morts », c’est-à-dire qui n’ont rien vu.

À travers ce récit de révélation, l’évangéliste nous transmet la foi des premiers chrétiens : Dieu est lui-même l’auteur et de la Résurrection de Jésus et de la révélation qui en est faite. Cette révélation évangélique tout autant que la résurrection de Jésus n’est pas le fruit d’un raisonnement humain ou d’une autosuggestion. Le récit de Matthieu nous met en présence d’un mystère : il y a bouleversement de l’ordre naturel. Le tombeau ouvert manifeste que l’action de Dieu a fait irruption et déroute l’homme : celui que les femmes venaient pleurer est vivant. Alors que tout paraissait terminé (le tombeau fermé par une pierre), Dieu lui-même nous lance dans l’avenir (le tombeau ouvert à jamais).

François Brossier

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