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Le blog de la paroisse de Livarot

Lecture du dimanche 6 mars 2016

27 Février 2016, 17:06pm

Publié par Myriam

Lecture du dimanche 6 mars 2016

4e dimanche Carême C - 6 mars 2016

Messe à Livarot 10h                                                         

 

1ère lecture : Jos 5,10-12

En ces jours-là, le Seigneur dit à Josué : « Aujourd'hui, j'ai enlevé de vous le déshonneur de l'Égypte. » Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho. Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.

 

Commentaire :

Dans le livre de Josué, l’entrée en Canaan marque la fin de l’épopée de l’Exode. Désormais, c’est par la liturgie (la Pâque et les pains sans levain) que les Israélites se reconnaîtrons bénéficiaires du salut offert par Dieu. Celui-ci reste à jamais « celui qui nous a fait sortir du pays d’Égypte. » Pour les chrétiens, la Pâque définitive est celle de Jésus Christ qui fait passer, non plus seulement de l’esclavage à la liberté, mais de la mort à la vie.

2ème Lecture : 2 Co 5, 17-21

Frères, si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.

Commentaire :

Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous a réconciliés avec Dieu par un échange inouï : en prenant sur lui nos péchés, il fait de nous des justes aux yeux de Dieu (identifiés à la justice de Dieu). Mais cette réconciliation suppose une participation active de celui qui en bénéficie. C’est pourquoi l’apôtre lance un appel pressant déjà entendu le mercredi des Cendres : Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.

 

Evangile : Lc 15,1-3.11-32

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : «  Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

 

Commentaire :

À juste titre, la liturgie donne à lire l’introduction du chapitre 15 de Luc qui situe bien les 3 paraboles qu’il contient : la brebis perdue et retrouvée, la pièce perdue et retrouvée, le fils perdu et retrouvé. Elles sont en effet une réponse aux récriminations des pharisiens et des scribes qui reprochent à Jésus de faire bon accueil aux publicains et aux pécheurs et de manger avec eux.

La parabole du fils prodigue met en scène trois personnages dont chacun correspond aux trois personnes ou groupe de personnes de l’introduction : le père tient la place de Jésus, le fils aîné celle des pharisiens et des scribes, le fils prodigue celle des pécheurs et des publicains. Le plus jeune, en réclamant sa part d’héritage et en quittant la maison, perd son identité de fils. Lorsque ruiné et crevant de faim au milieu des cochons il décide de revenir chez lui, il sait bien qu’il a perdu cette identité ; il ne réclame qu’une place d’ouvrier. Le père, lui, n’a jamais cessé d’aimer son fils. Il l’attend, se jette à son cou et lui redonne sa place de fils : « Mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. » Le fils aîné n’admet pas l’attitude de son père qu’il considère comme une injustice et ne reconnaît plus dans le prodigue son propre frère : « Ton fils que voilà… » Il n’a pas su reconnaître l’amour que lui prodiguait chaque jour son père. Il ne voit que ce que son frère a et qu’il n’a pas mérité. La parabole s’arrête sans que l’on sache ce que sera la réponse de l’aîné.

À travers cette parabole, Jésus justifie donc son attitude vis-à-vis des pécheurs : il manifeste que Dieu son Père ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Le lecteur de la parabole est alors invité à se situer : en tant que pécheur, il est invité à revenir vers Dieu, miséricordieux et plein d’amour ; en tant que chrétien de longue date, quelle est son attitude vis-à-vis de ceux qu’il considère avec mépris ?

François Brossier

 

 

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